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  • En mode (re)découverte de cet équilibre qui m'est propre. J'aime chanter, le tai chi, lire, écrire, rire...apporter du bien être aux autres et profiter du quotidien.
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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 21:25

Dès la sortie de la maison, happé par l'odeur entêtante du chèvrefeuille qui chaque année recolonise discrètement la palissade et de là, hasarde un grappin au milieu des thuyas.

Passé le portail, marcher dans la rue scandée par les marronniers immenses dont les fruits sont déjà visibles, tandis qu'au travers des grilles de chaque maison s'échappent quelques fleurs, jasmin étoilé, roses, altéas...

Marchant comme on vole, légèrement, porté par mon coeur ivre de ces odeurs, de ces chants, les yeux suivant les notes qui s'enchaînent, reconnaissant soudain sur un fil électrique, une branche, une grille, l'oiseau qui les chante. Parfois surpris, cherchant un timbre clair et fort, de le trouver si petit.

quelque part dans l'orme

craquettement de la pie

et de ses petits

Tout s'envole ou presque, dans tous les sens, sans plan de vol, merles voletant entre le sol et les premières branches, les corbeaux planant en hauteur, les pies perchées sur les antennes, les mésanges entre les barreaux. Jusqu'au bourdon affairé que je croise et qui ne veut pas s'écarter. Tant à faire...

Dans le train, bercé par les sons, le balancement du train sur ses essieux, le bruit des caoutchoucs qui s'entrechoquent, le sifflement des freins, le grondement des moteurs, la scie de l'air extérieur au travers des fenêtres ouvertes.

Et les voix presque inaudibles, chuintant, chuchotant, la musique s'échappant des casques, la chanson toujours recommencée des portes, soupir de l'air qui s'échappe, bruits métalliques des vantaux qui glissent et se cognent, son strident de l'alarme...

Et soudain le silence, tout autour, comme un coton immense sur lequel tous ces bruits et ces chants se posent, flottent, s'étendent, le silence planant comme un grand oiseau blanc entre les mots les bruits les chocs, tout autour...

Et l'air chaud qui reste à cette heure matinale, comme s'il n'était jamais parti, riant des fenêtres et des portes ouvertes et du tunnel moite et tiède qui sent le champignon, tout autour

ça y est, c'est l'été

il fait déjà chaud

les portes du train claquent

le silence frais

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Published by Moog - dans haibun
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