Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Profil

  • Moog
  • En mode (re)découverte de cet équilibre qui m'est propre. J'aime chanter, le tai chi, lire, écrire, rire...apporter du bien être aux autres et profiter du quotidien.
  • En mode (re)découverte de cet équilibre qui m'est propre. J'aime chanter, le tai chi, lire, écrire, rire...apporter du bien être aux autres et profiter du quotidien.
3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 22:14

La ville étrangère a tout de ma ville natale : ses rues, ses immeubles collés, ses fontaines, ses passants, ses commerces, son réseau de transport...

 

Comme elle, la ville étrangère a des rues immenses et d'étroites avenues, de longues longues voies et des caves dont on discerne, au ras du trottoir, parfois le contenu, par un soupirail, une jalousie, un vasistas

 

Comme elle, la ville étrangère dit l'histoire de ces rues, les batailles et les morts, les insurrections, révolutions, révoltes, qui font battre le coeur au son des tambours, des pipeaux, qui font entendre parfois au détour d'une façade le chant des partisans, des fusillés, des traîtres et des loyaux, confondus maintenant

 

Comme elle, la ville étrangère a des odeurs de fauve, de musc et de fleurs, qui te font courir après un regard croisé, derrière le coin d'une rue, d'une ruelle, ou soudain te retourner. Les filles y sont si belles

 

La parcourir, c'est toujours revisiter ma ville, revoir ses allées, ses impasses et ses toits, ses briques et ses pavés, ses jardins et parfois, même, ses murs nus, mais de moins en moins

 

Bien sûr, la ville étrangère, entre ses rues étroites et ses boulevards immenses, étiquetées en termes inconnus, vantant la gloire d'inconnus, abrite des canaux, des vaisseaux, des artères, qui disent le battement du coeur d'une autre

 

Bien sûr, dans la ville étrangère, les odeurs voyagent et te font voyager, tu salives et tu marches, attiré, puis d'un coup, écoeuré, tu repars en arrière, tu t'arrêtes, tu cours, tu n'as plus faim

 

Bien sûr, dans la ville étrangère, les filles aussi sont belles, elles sont belles, mais belles de la beauté d'une autre, et leur sourire est une impasse, une traversée sur la rocade, le bord d'une falaise

 

La ville étrangère n'a rien de ma ville, ni les trottoirs jonchés de détritus et de feuilles, ni les maisons insalubres, ni les clochards, ni les marchands de marrons recuits et sales, ni ses odeurs d'eau croupie, d'urine et d'estuaire

 

Comme elle me manque ma ville

 

automne à Stockholm

les feuilles mortes de Paris

sont-elles tombées ici ?

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Moog - dans stockholm
commenter cet article

commentaires

Snow 07/11/2010 04:51


Allo Moog, un autre beau billet. J'aime cette sensation d'être dans une nouvelle ville mais comme je me trouve très vite des repères, ça ne dure pas. Me faut constamment aller plus profond dans la
ville , les quartiers. Comme toi, les odeurs parlent, les cours d'eau.C'est bien ce dépaysement. Merci de la ballade.. Bisous


Moog 07/11/2010 08:16



Oui, c'est un peu comme ça pour moi aussi, un sens de l'orientation qui se construit très vite sur la base de repères visuels et olfactifs. Sur Stockholm j'ai peu de temps malheureusement pour me
balader, pour l'instant, mais je vais essayer d'en profiter plus quand j'y suis.


Je vois ta démarche sur Montréal, ta façon de revenir sur les quartiers pour les effeuiller, les découvrir, les ouvrir presque pour en rendre visible la beauté. J'aime beaucoup tes photos.


Je passe sur Montréal cet été avec ma femme et mes enfants, vacances au Québec. Je vais donner ton blog à mes cousins qui y vivent actuellement, ça leur donnera des idées :D



Musardises/Parisianne 06/11/2010 20:10


Bonsoir Moog, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour passer te lire ces derniers jours et je découvre ce soir tes écrtis avec plasir et émotion. Entre découverte et cri, entre bruissement de feuille
et crissement des rues, entre deux villes et deux vies que d'émotions. Belles pages que celles-ci.
Bonne soirée et profite du week-end...
Amitiés
Anne


Moog 07/11/2010 08:29



Merci Anne, le temps est très changeant en ce moment, les émotions aussi. Je passe pas mal de temps, trop d'ailleurs, loin de mon monde d'attachement. Mais il y a aussi des bons côtés à découvrir
des villes nouvelles, des pays nouveaux. Bon week-end, il a l'air de faire beau ce matin, bon safari



Tricôtine 05/11/2010 22:21


je ne connais pas Stockholm, mais j'aime les villes et d'autant plus les étrangères françaises ou non , mon oeil s'y interroge, s'y émerveille d'architecture!! parceque ce sont des villes ça bouge
, l'herbe n'y est pas monotone de brume en automne !! ici l'horizon est bouché à cette saison, on ne voit plus que les feuilles au sol bien tombées et humides sur l'herbe Wyoming !! ton texte est
enjoué jusqu'au manque du chez soi ...


Moog 06/11/2010 09:05



moi aussi Tricotine, j'aime les villes, je ne connais d'ailleurs bien que ça :D j'essaie d'explorer la sensation d'étrangeté que l'on ressent dans une ville inconnue, et tellement plus forte dans
un pays étranger...


ceci dit, peut etre parce que je suis rationné en verdure, je ne trouve pas la campagne monotone


merci pour ton commentaire



Séri 05/11/2010 21:06


Un bien joli texte...


Moog 05/11/2010 22:12



Merci Séri pour ce gentil commentaire


si tu aimes ce genre il y a bien mieux dans les villes invisibles d'Italo Calvino...