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  • Moog
  • En mode (re)découverte de cet équilibre qui m'est propre. J'aime chanter, le tai chi, lire, écrire, rire...apporter du bien être aux autres et profiter du quotidien.
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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 21:04

Pour CatieChris et leur invitation sur la piste aux étoiles, voici un poème de Victor Hugo tiré des Châtiments, "Stella"

 

 

Je m'étais endormi la nuit près de la grève.
Un vent frais m'éveilla, je sortis de mon rêve,
J'ouvris les yeux, je vis l'étoile du matin.
Elle resplendissait au fond du ciel lointain
Dans une blancheur molle, infinie et charmante.
Aquilon s'enfuyait emportant la tourmente.
L'astre éclatant changeait la nuée en duvet.
C'était une clarté qui pensait, qui vivait ;
Elle apaisait l'écueil où la vague déferle ;
On croyait voir une âme à travers une perle.
Il faisait nuit encor, l'ombre régnait en vain,
Le ciel s'illuminait d'un sourire divin.
La lueur argentait le haut du mât qui penche ;
Le navire était noir, mais la voile était blanche ;
Des goélands debout sur un escarpement,
Attentifs, contemplaient l'étoile gravement
Comme un oiseau céleste et fait d'une étincelle;
L'océan, qui ressemble au peuple, allait vers elle,
Et, rugissant tout bas, la regardait briller,
Et semblait avoir peur de la faire envoler.
Un ineffable amour emplissait l'étendue.
L'herbe verte à ses pieds frissonnait éperdue,
Les oiseaux se parlaient dans les nids ; une fleur
Qui s'éveillait me dit : C'est l'étoile ma sœur.
Et pendant qu'à longs plis l'ombre levait son voile,
J'entendis une voix qui venait de l'étoile
Et qui disait : - Je suis l'astre qui vient d'abord.
Je suis celle qu'on croit dans la tombe et qui sort.
J'ai lui sur le Sina, j'ai lui sur le Taygète ;
Je suis le caillou d'or et de feu que Dieu jette,
Comme avec une fronde, au front noir de la nuit.
Je suis ce qui renaît quand un monde est détruit.
O nations ! je suis la Poésie ardente.
J'ai brillé sur Moïse et j'ai brillé sur Dante.
Le lion Océan est amoureux de moi.
J'arrive. Levez-vous, vertu, courage, foi !
Penseurs, esprits ! montez sur la tour, sentinelles !
Paupières, ouvrez-vous ! allumez-vous, prunelles !
Terre, émeus le sillon ; vie, éveille le bruit ;
Debout, vous qui dormez ; car celui qui me suit,
Car celui qui m'envoie en avant la première,
C'est l'ange Liberté, c'est le géant Lumière !

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commentaires

Catheau 18/03/2011 21:29


Etincelante à travers les siècles sidéraux, l'étoile de la Poésie.


Moog 18/03/2011 21:37



Qu'elle est belle, la poésie ardente:D



catiechris 18/03/2011 21:04


Le navire était noir, mais la voile était blanche
j'aime le contraste, mais surtout le vent de liberté qui souffle dans ce poéme;


Moog 18/03/2011 21:39



je suis d'accord. Le poème est parcouru par un souffle épique et rythmé par des images qui empruntent à tous les registres. Je l'ai découvert au collège, et appris par coeur à l'époque.


Merci pour ce joli défi



Jean-Pierre 18/03/2011 16:02


On ne pouvait mieux choisir ... éblouissant !


Moog 18/03/2011 20:14



ça brille, ça brille



Anne Le Sonneur 18/03/2011 11:51


Un magnifique poème, Moog, toute la force poétique de Victor Hugo. Merci et belle journée.


Moog 18/03/2011 20:15



oui, avec quelques images un peu intellectuelles, mais reste un verbe fort et rythmé, et qui accroche



Tricôtine 17/03/2011 23:42


quelle étincelle !!! ça illumine toute la coquille et ça me hèle comme un taxi !! merci Moog cette étoile là brille de mille feux ! j'adore l'envolée finale du Grand Victor !! :0)


Moog 18/03/2011 20:16



merci à toi Pascale. Le thème était propice, merci à CatietChris