Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Profil

  • Moog
  • En mode (re)découverte de cet équilibre qui m'est propre. J'aime chanter, le tai chi, lire, écrire, rire...apporter du bien être aux autres et profiter du quotidien.
  • En mode (re)découverte de cet équilibre qui m'est propre. J'aime chanter, le tai chi, lire, écrire, rire...apporter du bien être aux autres et profiter du quotidien.
9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 19:57

dès ce matin, flottant dans l'air, moustiques et moucherons, à l'abri des mésanges, hirondelles, et martinets. Pour l'instant.

 

flottant dans l'air

morceaux de fleurs et abeilles

avant la chaleur

 

aujourd'hui partout je les croise, graines de pissenlit, samares, et d'autres encore, graines, morceaux d'étoupe flottant dans l'air, au gré des sautes de vent, suspendus à une tige et un parachute de fortune

 

jusqu'au wagon dans lequel nous attendons, debout, arrêtés à chaque gare, arrêtés bientôt entre chaque gare, dans une chaleur étouffante, malgré nos habits légers, craignant l'effort qui amènera la première goutte

 

ruisselant le long du dos, sous le menton, dans le cou, les cheveux bientôt humides, les auréoles

 

alors tous ensemble nous restons là, immobiles, suivant des yeux ce morceau de coton qui dans l'air chaud flotte d'une baie à une imposte, du plafond à une épaule, entre deux eaux, entre deux airs,

 

dansant pour nous danseurs statufiés par la chaleur volant d'haleine en courant de convection, planant au-dessus, virant entre, chutant parfois, tombant enfin

 

jusqu'au prochain mouvement du train, qui nous arrache presque à nos appuis, nos assurances, nos barres de maintien, d'aluminium trempé de notre sueur et gras de nos empreintes

 

secoué, remis en mouvement, volant encore, planant encore

 

ce morceau, cette graine, ce moustique, notre légèreté qui flotte au-dessus de nos corps trop lourds

 

entre deux airs encore

 

---

 

les pâquerettes

les fruits verts du tilleul

le vent du matin

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Moog - dans haibun
commenter cet article

commentaires

Séri 13/05/2011 19:57


Tu sais toujours nous emporter !


Moog 02/06/2011 08:38



bienvenue :D



Nounedeb 12/05/2011 09:38


A te lire, je t'ai imaginé en Inde, en Extrême Orient - pays que je ne connais pas. Par le haïku de fin, j'ai su que tu étais de retour...


Moog 12/05/2011 23:38



merci Anne


j'ai été une fois en Inde, jamais en extrême orient. Pour l'instant mes voyages sont limités à des pays proches mais je ne m'en plains pas, ma famille me manque


bonne soirée



Minik do 12/05/2011 09:33


J'aime cette opposition entre le chaleur étouffante du wagon
et la fraîcheur de tes haïkus.


Moog 12/05/2011 23:38



ça me rassure c'était l'objectif. Cette plume flottant dans un wagon de RER bondé et étouffant, c'était déjà un peu de fraîcheur



Parisianne Musardises 10/05/2011 20:18


La dure réalité des transports... et tu parviens à en tirer de la poésie ! c'est là que l'on reconnaît le talent.
Bravo
Anne


Moog 12/05/2011 23:39



il y a du beau partout, même dans le RER:D



Mitsuko 09/05/2011 21:24


Bonsoir Moog,

J'aime beaucoup ce texte là ... tout est bien décrit, j'avoue que ça me plait bien ... Ton texte est à la fois aérien et à la fois profond ... Ca me fait rêver, ça me fait penser à une danse que
l'on ne connaîtrait pas ou que l'on connaîtrait vraiment ... J'adore ces jolis paradoxes ...

Bravo et merci de ce doux partage, Moog.

A bientôt. Bisous, bisous.

Mitsuko


Moog 12/05/2011 23:41



c'est une très jolie image. ça rappelle le passant qui regarde les gens dans la salle du bal depuis la rue froide de Mahler, mais en joyeux


oui c'est tout-à-fait ça, je suis à la recherche de ces pas de danse, ces enchaînements non verbaux qui sont l'expression d'une vérité plus profonde


bonne soirée Mistuko, bises