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  • Moog
  • En mode (re)découverte de cet équilibre qui m'est propre. J'aime chanter, le tai chi, lire, écrire, rire...apporter du bien être aux autres et profiter du quotidien.
  • En mode (re)découverte de cet équilibre qui m'est propre. J'aime chanter, le tai chi, lire, écrire, rire...apporter du bien être aux autres et profiter du quotidien.
8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 20:47

Derniers jours de départ de la maison avant le lever du soleil, les jours s'allongent à vue d'oeil, tout change.

 

Dès les premiers pas, la sensation de la pluie sans les gouttes , comme si l'on venait juste de l'éteindre

 

L'eau tombe du rebord du toit et des gouttières, le sapin nain est imbibé, la lune se reflète dans les flaques d'eau sur la piste cyclable

 

Les arbres sont de couleur plus sombre, leurs branches comme des ombres

 

soudain le chant d'un oiseau comme un cri de lumière

 

juste après la pluie

gouttelettes enfilées

sur la caténaire

 

juste après la pluie

l'oiseau qui chante soudain

visible

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 20:33

février

dans son halo blanc la lune

sourire

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 22:00

Qui a dit que février était un mois sans vie, un passage vide et stérile vers le printemps ?

 

en plus des variations de température qui nous font alterner les semaines de doux et celles de glace, sous un ciel d'une luminosité intense, en plus des jours qui rallongent et du décompte si court qui le fait passer en un clin d'oeil

 

février est un mois de promesses

 

et c'est l'occasion de découvrir un hiver moins séparé qu'avant, que d'habitude, si tant est qu'il l'a été un jour. Un hiver porteur de fruits, de vie et de feuilles :

 

les tilleuls de l'avenue du bois guimier ont encore tous leurs feuilles et leurs fruits pendant, comme des noyaux de cerise au bout de queues jaunes et sèches.

 

dans la rue qui longe la voie ferrée, abondent les arbres dont les fruits ou les feuilles ne sont pas encore tombées, balles de coton, samares, graines rouges et oranges de sorbier, pyracanthe, bleues et grises des lierres, buis, cyprès

 

le corbeau qui s'approche de la caténaire, étandant ses ailes comme une immense voile, pour se poser sans bruit ni mouvement gâché, les mésanges posées sur les branches de l'arbre de Judée, les étourneaux, les mouettes faisant des cercles dans le ciel

 

tandis qu'au jasmin poussent des feuilles, qu'aux tiges brunes des hortensias et aux barnches des arbres soudain pointent bourgeons, drugeons, ramilles

 

février est l'antichambre du printemps

 

février

dans l'arbre de Judée dix

douze mésanges

 

soleil de février

par le trou de la haie

le geai !

 

beau jour d'hiver

dans le ciel trait de crayon

la lune

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 20:41

hier soir étant un peu pressé je vous ai mis la version originale de Kubla Khan, en voici une traduction trouvée ici (link) qui me plait bien:

 

________________________

 

A Xanadu, Kubilaï Khan fit Eriger un fastueux palais de félicité : A l'endroit où Alphée, la rivière sacrée, se jetait A travers des cavernes, insondables à l'homme, Dans une mer sans soleil. Deux fois cinq miles de terres fertiles Furent ceinturées de murs et de tours: Et c'étaient des jardins éclairés par des ruisseaux sinueux, Où s'épanouissait un arbre porteur d'encens; Et, en ce lieu, résidaient des forêts aussi anciennes que les collines, Enveloppant des taches ensoleillées de verdure.

 

Voyez, ce romantique et profond gouffre, ouvert Au flanc de la verte colline, sous l'ombrage des cèdres! Un lieu sauvage! Comme sacré et enchanté, Qui jamais, sous une lune déclinante, ne fut hanté Par les pleurs d'une femme pour l'amour de son démon! Et de ce gouffre, avec un bouillonnant tumulte, Comme si cette terre, dans des halètements raides et rapides, respirait, Une puissante fontaine, par instant, jaillissait: Parmi la ruée du flot intermittent, D'énormes fragments sautaient comme rebondit la grêle, Ou comme le grain sec sous le fléau d'une batteuse: Et parmi ces rochers dansant pour toujours et à jamais Par instant jaillissait la rivière sacrée. Décrivant sur cinq miles de fantastiques méandres A travers bois et vallon, la rivière sacrée se jetait, Puis rejoignait les cavernes insondables à l'homme, Et s'écoulait en tumulte dans l'océan sans vie: Et parmi ce tumulte, Kubilaï entendit au loin Des voix ancestrales prophétisant la guerre.

 

L'ombre du palais de félicité Flottait à mi-chemin sur les vagues; Là où l'on entendait les rumeurs confondues De la fontaine et des grottes. C'était un miracle d'un rare dessein, Un palais de félicité ensoleillé avec des grottes de glace!

 

Une demoiselle avec un tympanon Dans une vision m'apparut: C'était une fille d'Abyssinie, Et sur son tympanon elle jouait, En chantant le Mont Abora. Si pouvaient revivre en moi Sa symphonie et sa chanson, Je serais gagné d'un délice tellement profond, Qu'avec une musique grave et longue, Je pourrais bâtir ce palais dans les airs, Ce palais ensoleillé! Ces cavernes de glace! Et tous ceux qui entendent pourraient les voir ici, Et tous pourraient crier: Attention! Attention! Ses yeux foudroyants, ses cheveux flottants! Tissez un cercle autour de lui trois fois, Et fermez vos yeux avec une terreur sacrée, Car il s'est nourri d'une rosée de miel, Et s'est abreuvé du lait du Paradis.

 

_________________

 

merci à Emphyrio pour la traduction

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 23:43

Samuel Taylor Coleridge - Kubla Khan

 

In Xanadu did Kubla Khan

A stately pleasure-dome decree:

Where Alph, the sacred river, ran

Through caverns measureless to man

Down to a sunless sea.

 

So twice five miles of fertile ground

With walls and towers were girdled round:

And there were gardens bright with sinuous rills,

Where blossomed many an incense-bearing tree;

And here were forests ancient as the hills,

Enfolding sunny spots of greenery.

 

But oh! that deep romantic chasm which slanted

Down the green hill athwart a cedarn cover!

A savage place! as holy and enchanted

As e'er beneath a waning moon was haunted

By woman wailing for her demon-lover!

And from this chasm, with ceaseless turmoil seething,

As if this earth in fast thick pants were breathing,

A mighty fountain momently was forced:

Amid whose swift half-intermitted burst

Huge fragments vaulted like rebounding hail,

Or chaffy grain beneath the thresher's flail:

And 'mid these dancing rocks at once and ever

It flung up momently the sacred river.

Five miles meandering with a mazy motion

Through wood and dale the sacred river ran,

Then reached the caverns measureless to man,

And sank in tumult to a lifeless ocean:

And 'mid this tumult Kubla heard from far

Ancestral voices prophesying war!

 

The shadow of the dome of pleasure

Floated midway on the waves;

Where was heard the mingled measure

From the fountain and the caves.

It was a miracle of rare device,

A sunny pleasure-dome with caves of ice!

 

A damsel with a dulcimer

In a vision once I saw:

It was an Abyssinian maid,

And on her dulcimer she played,

Singing of Mount Abora.

Could I revive within me

Her symphony and song,

To such a deep delight 'twould win me

That with music loud and long

I would build that dome in air,

That sunny dome! those caves of ice!

And all who heard should see them there,

And all should cry,Beware! Beware!

His flashing eyes, his floating hair!

Weave a circle round him thrice,

And close your eyes with holy dread,

For he on honey-dew hath fed

And drunk the milk of Paradise.

 

- - - - - - - - - - -

 

La légende dit que Coleridge, au sortir d'un magnifique rêve, se réveilla l'esprit plein d'un poème magnifique qu'il s'empressa de recopier. Mais il fut interrompu par un fâcheux et oublia pour toujours la fin du poème qui resta pour toujours inachevé

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 19:53

Ce matin, marchant sur la piste cyclable sous un ciel nocturne sans étoiles, un voile rose ou mauve. Par endroits, restes d'une couche de glace encore traître, un mélange pâteux et transparent.

 

ciel de nuit mauve

sur la piste cyclable

écailles de glace

 

Il y a un merle sur la pelouse, ai-je progressé dans l'art de marcher sans déranger, ou est-il simplement à moitié endormi, il se contente de me regarder sans esquisser de mouvement, ni de fuite.

 

petit matin

le merle sur la pelouse

pelote de laine

 

le long du chemin vers la gare, le trottoir comme une portée de couleurs et de couches en surimpression, les gouttes gelées aux gousses de la glycine, les marronniers tendus comme des hérissons

 

février

le froid presque un ami

proche

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 22:06

le marché s'installe

à voir les oranges 

il fait moins froid

 

premier février

les habits d'hier

vaincus par le froid

 

chemin de l'école

entre bonnet et écharpe

les yeux fermés

 

 

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 22:14

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Epanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle toi quand même ce jour-là
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse

Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant

Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abîmé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est même plus l'orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.

 

________________

Je sais bien Pascale que ce n'est pas Jeudi, mais après tout il n'y a pas de jour pour la poésie, et ce soir j'étais plus dans un état d'esprit évoqué par Barbara

 

J'ai lu ce poème très jeune, et toutes les Histoires et Paroles, avec les chansons de Montand. A l'époque la rue de Siam, la guerre, la reconstruction, et l'amour ne me disaient rien, j'aimais beaucoup la musique des mots et la chanson mais je n'y voyais rien

 

et puis un jour, après avoir visité Brest, après avoir été amoureux, après avoir appris les villes rasées à 95%, et lu autour des horreurs de la guerre, un jour, le poème s'est ouvert comme un parapluie, comme une porte

 

Prévert est ainsi, il trace des portes sur les murs avec des mots de tous les jours, et parfois, un jour, elles s'ouvrent, et c'est un monde entier qu'on découvre

 

Depuis, chaque fois que je relis Barbara j'y trouve quelque chose de nouveau, quelque chose de plus à dire sur le temps qui passe, l'amour qui s'en va, et les souvenirs qui seuls évoquent les paysages, les endroits, les instants éparpillés par le vent

 

Profitez-en bien

 

Moog


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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 12:22

le ciel en ce moment est d'une clarté et d'une luminosité extrêmes. Même nuageux, par chaque espace, chaque fissure entre les nuages, arrondies et sineuses, transperce une lumière éclatante, qui imprègne leur coton gris, le teinte de blancs et de jaunes

 

voilà donc le dragon qui monte, vers le ciel au travers des brumes, portant le soleil comme un médaillon, il serpente et glisse, s'insinue et s"invite, ses écailles sont d'or et d'argent

 

ciel blanc

toutes les branches des arbres

pour me réchauffer

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 20:58

Enfin le week-end. La semaine a été interminable, et malgré deux ou trois moments magiques, plutôt en demi-teinte. Le froid a fait son retour, pas en fanfare mais insidieusement, sans s'annoncer, comme le propriétaire qui s'en revient à l'improviste.

 

Mais ce soir en rentrant, à la pensée des deux jours de joie simple en famille, je ne vois plus passer les stations depuis le train, tout accélère, les arbres ont un air de fête

 

février, même glacial, ne dure pas, et y rentrer, c'est déjà en apercevoir la sortie. Les arbres tendent vers le ciel leurs branches hérissées de bourgeons, on dirait qu'ils le tiennent, et dans l'air sec et froid résonnent comme trompettes les bruits les plus modestes

 

bourgeons qui pointent

le bruit de mes pas

n'en finit pas

 

vendredi soir

le bouleau lui aussi

s'étire

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