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  • Moog
  • En mode (re)découverte de cet équilibre qui m'est propre. J'aime chanter, le tai chi, lire, écrire, rire...apporter du bien être aux autres et profiter du quotidien.
  • En mode (re)découverte de cet équilibre qui m'est propre. J'aime chanter, le tai chi, lire, écrire, rire...apporter du bien être aux autres et profiter du quotidien.
12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 22:33

sous l'horizon gris

un demi soleil rouge

comme un clin d'oeil lent

 

dans le ciel cuivré

d'autres avions nous suivent

lentes cicatrices

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 19:57

dès ce matin, flottant dans l'air, moustiques et moucherons, à l'abri des mésanges, hirondelles, et martinets. Pour l'instant.

 

flottant dans l'air

morceaux de fleurs et abeilles

avant la chaleur

 

aujourd'hui partout je les croise, graines de pissenlit, samares, et d'autres encore, graines, morceaux d'étoupe flottant dans l'air, au gré des sautes de vent, suspendus à une tige et un parachute de fortune

 

jusqu'au wagon dans lequel nous attendons, debout, arrêtés à chaque gare, arrêtés bientôt entre chaque gare, dans une chaleur étouffante, malgré nos habits légers, craignant l'effort qui amènera la première goutte

 

ruisselant le long du dos, sous le menton, dans le cou, les cheveux bientôt humides, les auréoles

 

alors tous ensemble nous restons là, immobiles, suivant des yeux ce morceau de coton qui dans l'air chaud flotte d'une baie à une imposte, du plafond à une épaule, entre deux eaux, entre deux airs,

 

dansant pour nous danseurs statufiés par la chaleur volant d'haleine en courant de convection, planant au-dessus, virant entre, chutant parfois, tombant enfin

 

jusqu'au prochain mouvement du train, qui nous arrache presque à nos appuis, nos assurances, nos barres de maintien, d'aluminium trempé de notre sueur et gras de nos empreintes

 

secoué, remis en mouvement, volant encore, planant encore

 

ce morceau, cette graine, ce moustique, notre légèreté qui flotte au-dessus de nos corps trop lourds

 

entre deux airs encore

 

---

 

les pâquerettes

les fruits verts du tilleul

le vent du matin

 

 

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 18:48

flottant sur l'eau

en tas sur le chemin

les fleurs tombées

 

même sans vent

elles tombent en pluie

les fleurs désséchées

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 13:04

Parfois, revenir de Roissy en taxi est un plus grand voyage que celui dont on revient

 

Le ciel d'été, en début de soirée, est encore lumineux, les traces des avions si nombreuses ici, lui dessinent des poutres,

 

le monde est un bateau, au-delà de ces poutres, aperçoit-on les voiles ?

 

Si proche, un toit à portée de doigts

 

Dans les entrelacs de nuages la lumière fait des passages en dentelle, les déforme jusqu'à leur insuffler des formes, et les rayons du soleil couchant les colorent de teintes allant du rouge au jaune

 

 

dans le nuage

l'avion en approche

comme une étoile

 

puis vient l'autoroute, les rubans gris et blancs, les arbres trop rares, les murs et les rambardes, qui eux aussi s'égayent dans le crépuscule

 

talus d'autoroute

des massifs de jonquilles

tiges désséchées

 

enfin rentré, courir dans le jardin pour profiter du dernier rayon du soleil qui passe le coin de l'immeuble d'à côté, avant de plonger dans la nuit

 

dernier rayon

tombant sur une fleur

du rhododendron

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 20:56

de bon matin, départ pour l'aéroport, il fait nuit encore, dans le taxi qui avale les kilomètres, fermer les yeux...

 

suis-je arrivé en même temps que le jour, ou m'a-t-il précédé, je ne sais

 

prêt à embarquer, attendant sur un siège, les yeux rivés sur les pistes d'où s'élancent les avions à l'assaut du ciel

 

le ciel d'été

les avions pourraient presque

s'y cacher

 

dedans les moineaux

dehors les avions

s'envolent

 

d'abord passer les deux premières couches de nuages qui semblent saupoudrer le ciel, morceaux de barbe croisés, légers, cotons effilochés, écueils pour enfants

 

et soudain, se dévoilant dans la clarté aveuglante de l'est, une palette de couleurs, le ciel comme un collier de pierres précieuses entourant les nuages  : béryl, jade, ambre, aux reflets mi-laiteux mi diaphanes, aux formes oblongues

 

dessinant là une plage, ici une dune

 

de temps en temps, pourfendant l'air, suivi par un panache de fumée, un jet, surfant sur une neige dont on ne verrait que les parcelles arrachées, comme des étincelles

 

je vole vers l'Est

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 11:26

quittant la rue par-dessous le viaduc, passé le goulet de l'entrée, tout commence par un appel d'air

 

le long du talus

l'odeur d'herbe

coupée

 

les oiseaux, en cadence, pépient et se répondent, notes courtes, comme un rythme d'eau qui tombe d'un trop plein

 

la route ne serpente pas, elle chemine, encadrée entre les jardins privatifs et la voie ferrée. Aux marronniers dont le vent fait tomber les fleurs, légères, succèdent d'autres arbustes en fleurs, et les premiers fruits encore verts

 

tout autour, reflets de canettes et de papiers jetés, et sur les murs, les grimpants à la fête, glycine, passiflore, arômes sucrés de miel mêlé à celles plus brutes de terre et de merde, le chemin latéral, c'est aussi celui des chiens

 

et puis la route s'évase, gagnant en largeur, le goudron fait place à la terre battue, on dirait un fleuve boueux qui longe le cimetière, le sol est grêl, les ornières de dizaines d'hiver subsistent, créant un relief de vagues

 

au-dessus du mur

du cimetière

les nèfles vertes

 

dans le grillage

une tranche de branche

désséchée

 

à travers la route qui coupe le cimetière en deux, à travers cet autre delta terreux et désolé, jusqu'aux dernières maisons, petits jardins presque cachés abritant le trésor mauve et fragile des iris

 

le long du grillage

entre les herbes hautes

les iris, mauves -

 

derniers effluves, derniers instantanés, un iris fané, ses pétales mauves déployés découvrant un coeur de panthère

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 15:50

sous le marronnier

attrapant dans mes poings

ses fleurs qui tombent

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 19:32

c'est écrit dans le langage du corps

qui n'a ni mots ni syntaxe

c'est dans les odeurs de cuisine

qu'on emporte hors de chez soi jusqu'à son travail à son école

c'est le village perdu qu'on ne revoit qu'à Pâques, ses maisons désertées, ses collines pelées

les vieux qui se souviennent, les nouveaux vieux oublient

le père à son fils, à son fils, à son fils

souviens-toi de là d'où tu viens

 

c'est écrit sur les murs

les graffitis le disent et le répètent, le répètent

et avec eux les fouilles et les portes closes,

les murmures qui s'éteignent sur ton passage

la couleur de ta peau qui te semble trop brune, trop jaune, trop blanche,

le droit qu'il faut apprendre, et le gauche qu'on subit

les recensements les files d'attente à trois heures du matin

le fils, le dernier étranger, le premier exilé

souviens-toi de là d'où tu viens

 

c'est écrit sur les cartes et gravé dans le sol

dans les noms des villages,dans les formes des hanches

un fil qui relie les grottes les peintures les pierres taillées

les labyrinthes les monolithes les dolmens

les églises les temples les synagogues

les manuscrtis les livres imprimés

souviens-toi

 

c'est écrit dans les gènes

nous sommes des souris mutantes,

les dinosaures volent dans le parc ce matin

même les mouches et les haricots s'aiment au hasard

alors les hommes et les femmes

c'est écrit mais

l'encre s'efface

le papier se déchire ou brûle

même les bouddhas de pierre disparaissent

et d'ailleurs Dieu n'a pa besoin d'écrire

souviens-toi

 

on voudrait l'effacer l'oublier

on voudrait te faire croire que toi le dernier arrivé

tu n'es pas des nôtres

souviens-toi de là d'où tu viens comme d'un trésor

apprends cet endroit comme une promesse

fais-que celui qui t'a amené ici

nu maigre malade

caché sous des couvertures dans des trajets interminables

marchant le dos courbé dans les montagnes au petit matin

endetté pour la vie et bien après

malade en bateau, malade en camion, malade

fais qu'il n'ait pas souffert en vain

 

et toi voisin collègue passant

croisé à l'école, dans la salle d'attente ou dans l'immeuble

souviens-toi que ton père ou le père de ton père ou celui avant lui avant eux

est arrivé aussi ici

nu maigre malade

fuyant la guerre la peste la famine l'abomination de la Shoah

souviens-toi de ce que tu n'es pas

un être sans passé

souviens-toi de là d'où tu viens

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 19:40

C'est un motif connu, une suite qui se déploie, de loin en loin, vers le moins dense, l'obscur, le vide

 

écrit en ombres sur les cables noircis par la graisse le long des piédroits grumeleux creusé dans la crasse

 

le long des arêtes autrefois vives les lames brillantes les murs neufs l'écorce fraîche

 

taillé en marches dans la glace le long du lit déserté des torrents de montagne

 

des cendres tombent, une rise de vent les emporte avant même qu'elles ne touchent terre, ou mer, c'est selon

 

le chaton désséché, émietté entre les doigts, des grains de bouleau s'en vont flottant dans l'air

 

comme une foule qui avancerait en désordre et pourtant

 

pourtant les feuilles progressent chaque jour à l'assaut de leurs branches

 

dans les rayons du soleil dansent des points de poussière ou d'or, c'est selon

 

c'est une ritournelle une scie

 

le nom murmuré des fleurs les feuilles qui brillent les insectes qui sortent

 

et le vent qui pousse les traces des disparus ressort leurs os au soleil

 

et dessine en arabesques folles dans la poussière qui s'envole dans la lumière

 

les noms des enfants à naître

 

 

 

 

 

 

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 19:29

la-ou-je-t-emmenerai.jpg

 

dans la flaque

entre les ornières

le ciel immense

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