Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Profil

  • Moog
  • En mode (re)découverte de cet équilibre qui m'est propre. J'aime chanter, le tai chi, lire, écrire, rire...apporter du bien être aux autres et profiter du quotidien.
  • En mode (re)découverte de cet équilibre qui m'est propre. J'aime chanter, le tai chi, lire, écrire, rire...apporter du bien être aux autres et profiter du quotidien.
19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 19:32

c'est écrit dans le langage du corps

qui n'a ni mots ni syntaxe

c'est dans les odeurs de cuisine

qu'on emporte hors de chez soi jusqu'à son travail à son école

c'est le village perdu qu'on ne revoit qu'à Pâques, ses maisons désertées, ses collines pelées

les vieux qui se souviennent, les nouveaux vieux oublient

le père à son fils, à son fils, à son fils

souviens-toi de là d'où tu viens

 

c'est écrit sur les murs

les graffitis le disent et le répètent, le répètent

et avec eux les fouilles et les portes closes,

les murmures qui s'éteignent sur ton passage

la couleur de ta peau qui te semble trop brune, trop jaune, trop blanche,

le droit qu'il faut apprendre, et le gauche qu'on subit

les recensements les files d'attente à trois heures du matin

le fils, le dernier étranger, le premier exilé

souviens-toi de là d'où tu viens

 

c'est écrit sur les cartes et gravé dans le sol

dans les noms des villages,dans les formes des hanches

un fil qui relie les grottes les peintures les pierres taillées

les labyrinthes les monolithes les dolmens

les églises les temples les synagogues

les manuscrtis les livres imprimés

souviens-toi

 

c'est écrit dans les gènes

nous sommes des souris mutantes,

les dinosaures volent dans le parc ce matin

même les mouches et les haricots s'aiment au hasard

alors les hommes et les femmes

c'est écrit mais

l'encre s'efface

le papier se déchire ou brûle

même les bouddhas de pierre disparaissent

et d'ailleurs Dieu n'a pa besoin d'écrire

souviens-toi

 

on voudrait l'effacer l'oublier

on voudrait te faire croire que toi le dernier arrivé

tu n'es pas des nôtres

souviens-toi de là d'où tu viens comme d'un trésor

apprends cet endroit comme une promesse

fais-que celui qui t'a amené ici

nu maigre malade

caché sous des couvertures dans des trajets interminables

marchant le dos courbé dans les montagnes au petit matin

endetté pour la vie et bien après

malade en bateau, malade en camion, malade

fais qu'il n'ait pas souffert en vain

 

et toi voisin collègue passant

croisé à l'école, dans la salle d'attente ou dans l'immeuble

souviens-toi que ton père ou le père de ton père ou celui avant lui avant eux

est arrivé aussi ici

nu maigre malade

fuyant la guerre la peste la famine l'abomination de la Shoah

souviens-toi de ce que tu n'es pas

un être sans passé

souviens-toi de là d'où tu viens

Repost 0
Published by Moog - dans agora
commenter cet article
4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 19:40

C'est un motif connu, une suite qui se déploie, de loin en loin, vers le moins dense, l'obscur, le vide

 

écrit en ombres sur les cables noircis par la graisse le long des piédroits grumeleux creusé dans la crasse

 

le long des arêtes autrefois vives les lames brillantes les murs neufs l'écorce fraîche

 

taillé en marches dans la glace le long du lit déserté des torrents de montagne

 

des cendres tombent, une rise de vent les emporte avant même qu'elles ne touchent terre, ou mer, c'est selon

 

le chaton désséché, émietté entre les doigts, des grains de bouleau s'en vont flottant dans l'air

 

comme une foule qui avancerait en désordre et pourtant

 

pourtant les feuilles progressent chaque jour à l'assaut de leurs branches

 

dans les rayons du soleil dansent des points de poussière ou d'or, c'est selon

 

c'est une ritournelle une scie

 

le nom murmuré des fleurs les feuilles qui brillent les insectes qui sortent

 

et le vent qui pousse les traces des disparus ressort leurs os au soleil

 

et dessine en arabesques folles dans la poussière qui s'envole dans la lumière

 

les noms des enfants à naître

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Moog - dans agora
commenter cet article
16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 18:16

Madeleine-GRENIER.jpg 

 

décharge en automne

dans les branches quelques feuilles

cent sacs en plastique

 

Allez voir l'expo. Madeleine Grenier est un peintre de la fragilité, de la lumière et de cette caverne en nous qui précède le langage, un lieu où le feu brûle et les images tiennent lieu de mots.

Repost 0
Published by Moog - dans agora
commenter cet article
23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 20:54
Sur le chemin de la gare, ce matin, marchant sous la bruine, les mains dans les poches, sous un ciel gris et dense. Trottoirs luisants, un air frais sans être froid, et de temps en temps le chant perçant d'un oiseau, deviné plus que vu sur une antenne, une faitiere, une branche.

Curieux hiver qui n'a pas fini de digérer les feuilles mortes de l'automne, et déjà arbore, au bout des branches des arbres, des bourgeons saillants. Mon camélia s'y est trompé, qui a sorti ses plus belles fleurs roses et oranges au milieu de janvier.

matin d'hiver
les premiers bourgeons
vert tendre

le regard fier
d'un pigeon trônant
sur une haie

fin janvier
du bouleau les feuilles noires
encore attachées


 
Repost 0
Published by Moog - dans agora
commenter cet article
20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 22:11
Ce soir en rentrant à la maison, joie de recevoir le deuxième tome du vent dans les saules, collection blanche, et d'avoir à nouveau l'ensemble qui me manquait depuis plus de vingt ans.

Ce livre magique qui revient dans ma bibliothèque, quel heureux présage pour l'année 2010, vouée aux retrouvailles et à la poursuite sur la route engagée en 2009, vers plus de sérénité et d'épanouissement. Et plus d'attention à la beauté du monde qui m'entoure.

ce soir d'hiver
même le croissant de lune
semble plein
Repost 0
Published by Moog - dans agora
commenter cet article
19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 20:18
Au milieu de l'hiver une parenthèse de douceur : clémence des températures, absence de véritable pluie, et au sortir de la gare, l'odeur fumée des feux de bois.

du feu de bois
l'odeur presque les
étincelles

Est-ce l'âge qui s'en vient, ou le hasard qui fait de cette odeur une clef, j'ai l'impression soudain de revoir tous les âtres de mon enfance, et l'odeur des feuilles qu'on y faisait brûler, la peau tendue et brulante du front après quelques minutes, et une fois refroidi, le délice de retourner rôtir.

Plus tard, les flammes enveloppant instantanément un mégot de blonde, le thé chauffant sur les braises pendant la garde, les livres lus au coin du feu, et le monologue content et repu du feu, interrompu de temps à autre par le craquement brusque d'une bûche;

dans le froid
presque réchauffé devant
le tas de bois
Repost 0
Published by Moog - dans agora
commenter cet article
18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 20:24
Après une période voulue d'abstinence, me voici de retour, doucement, comme la lumière du jour en fin d'après-midi. Pendant un mois, ne plus écrire, seulement marcher...

marchant dans le vent
sur ma peau le duvet
de la bruine

Avec la pratique, je sens peu à peu l'énergie s'immiscer au creux de mes paumes, au milieu d'un wagon bondé je relâche et ouvre mes bras, respirant tout entier.

Et le monde change, d'un jour à l'autre insensiblement, mais sur la distance, tellement.

Merci à tous ceux qui, passant sur ces pages, y laissent un peu de leur temps et de leurs mots.

Moog
Repost 0
Published by Moog - dans agora
commenter cet article
7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 19:52
Depuis le quai de la station, vue sur la voie en souterrain, faite de deux tunnels joints. D'abord le bruit, puis le métro d'en face arrive, la lumière par les fenêtres éclairant le tunnel si proche des deux côtés, comme une auréole.

arrivant en gare
nimbé de lumière jaune
le métro

Au bout du quai, passant sous le nom de station, la plaque de plexiglass garde la mémoire de tous les derniers coups de chiffon et de brosse. Et pas seulement.

le nom de station
d'un ancien sticker garde
comme l'ombre

sur la trémie
on peut encore voir
le nom de Charly

sur le quai
les traces d'aujourd'hui comme
celles d'hier

Sur une affiche vantant des vêtements, mannequins efflanqués sur un décor de casse auto, le coin déchiré, une portière de voiture, se soulève avec le souffle des trains.

Montant dans la voiture, nous sommes bien en septembre.

métro du matin
de manche en costume vole
le moustique

Repost 0
Published by Moog - dans agora
commenter cet article
29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 19:18
A l'écart de sa place habituelle, entre la borne à incendie et la plaque d'égoût, le chat ce matin nous attend assis à droite après le poste de garde, un quart de bouteille de plastique vide devant lui. En passant devant son poste, je remarque la taille du tilleul qui la surplombe. Puis le lit de feuilles séchées qui tapisse la pelouse.

Le chat attend
de l'eau pour son tilleul -
il fait déjà chaud
Repost 0
Published by Moog - dans agora
commenter cet article
28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 18:32
Sur la promenade plantée, cet après-midi, marchant au milieu des oeuvres d'Art en Balade exposées à même le sol et les buissons, alternance de chaleur estivale forte et sèche, et de moments de fraîcheurs amenés par la brise.

vol d'hélicoptères
à l'ombre des grands tilleuls
la brise d'été

Des oeuvres vives et diverses éparses, mélangées aux fleurs et que parfois l'on distingue à peine dans un sous-bois ou au milieu des hautes herbes, au final une promenade pleine de couleurs et de découvertes.
Repost 0
Published by Moog - dans agora
commenter cet article