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  • En mode (re)découverte de cet équilibre qui m'est propre. J'aime chanter, le tai chi, lire, écrire, rire...apporter du bien être aux autres et profiter du quotidien.
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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 21:15

les îles sont mieux que des terres immergées, plus que des petits continents qui s'attraperaient à la pagaie, des territoires d'exception, où les grands rapetissent, les points cardinaux se perdent, les rivages s'étendent à l'infini

 

le vent les oriente, balayant la poussière et la chaleur par vagues, traçant des sillons de poussières, de sable, de terre parfois de feuilles

 

et si l'on ahane, le jour, si l'on s'y cache du soleil top chaud, si l'on y cherche l'air trop rare, si l'on s'y déplace dans le sens du vent, quadrillant les terrains limités, trouvant de ci de là des morceaux de continents et de saisons égarés

 

comme on y dort bien la nuit, quand entre la porte et les fenêtres laissées ouvertes le vent du docteur apaise les enfants énervés par la chaleur, rapporte la fraîcheur, sans déplacer la poussière sur la terre battue soudain froide

 

le vent de la nuit

étend ses bras ses mains entre

portes et fenêtres

 

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 23:20

Juste quelques mots écrits depuis un hotel en Algérie, pays quitté par ma mère et ses parents il y a bientôt 50 ans et que je n'avais jamais vu, juste rêvé au travers de descriptions faits par ceux qui l'ayant quitté ne savaient que le pleurer.

 

Arrivant sur l'aéroport, une digue de nuages fait un anneau autour de la baie, comme des rochers immenses et blancs se collant et posés sur l'eau

 

digue de nuages

aux maisons reflets oranges

la baie d'Alger

 

Le ciel est presque bleu, les couleurs dominantes, vert, blanc et ocre, rappellent le drapeau

 

même s'il fait un peu froid, la végétation ici semble déjà au printemps. Des prairies grasses parsemées de boutons d'or, les flaques boueuses dans les herbes hautes, bientôt les fleurs arriveront sur les arbres

 

premières pousses

sur les champs fraîchement

retournés

 

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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 21:59

Je découvre à peine Stockholm, l'ïle des bois, plutôt un archipel d'ïles où se perdait peut-être le bois flotté ramené des forêts tout au long des rivières. Gamla Stan, sa vieille ville, et ses monuments et immeubles que le dernier siècle semble n'avoir pas touché. Partout, parfois cachée, l'eau, sans odeur en hiver.

 

Aujourd'hui, peu d'humidité, peu de vent, et un temps clair. Nous marchons sur de la neige dure et jaunie, presque du sable qui crisse sous nos semelles. Par moments, surtout à côté de l'eau, on se croirait en bord de mer.

 

Tout près du parlement et du siège du gouvernement, le pont séparant les eaux du lac Malären, douces, de celles de la Baltique, salées. Dans la nuit, à première vue, on dirait que des nénuphars y flottent, plaques sombres glissant doucement dans l'obscurité accentuée par l'absence de lune ce soir.

 

immeubles roses

flottant entre mer et lac

morceaux de glace

 

A-t-il flotté longtemps, l'iceberg qui s'est peu à peu délité et décomposé en ces glaçons géants, qui interceptent par instants la lumière des réverbères ?

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 22:19

Je reviens de Barcelone où j'ai passé deux jours, et je ne sais toujours pas

 

toutes ces oeuvres d'art exposées dans la ville, qui jalonnent les grandes avenues, cette plage immense de sable jaune plantée de palmiers

 

si c'est la ville que j'ai vue il y a vingt ans et qui portait le même nom, dans laquelle l'eau jaune sentait si mauvais que l'on ne se lavait qu'à contrecoeur avec, qu'on hésitait à y faire cuire des oeufs, cette ville où les rues étaient creusées par les pas de tous ceux qui s'en allaient chercher de l'eau potable par carafe à l'épicerie voisine

 

toutes ces parties de ville touchées par l'art, ces grandes avenues qui jalonnent jusqu'à la plage, ces immeubles de verre sortis de terre, lames et cubes, brillant dans le soleil levant

 

cette ville poussiéreuse, dans laquelle le vrai faux bateau de Christophe colomb étalait le clinquant de sa jeunesse à même un port déserté

 

je sais que je n'avais pas aimé il y a vingt ans m'y promener, avec ma famille tendue comme une bombe prête à exploser, au milieu de la poussière et du bruit

 

tout cet art qui jalonne la ville, ces allées d'où l'on vient et où l'on va, ces panneaux et ces lignes de tension, autoroutes, tramway, ces plages de sable presque de verre et de palmiers en pots

 

la Sagrada Familia en travaux alors, la Sagrada Familia en travaux encore, la Sagrada Familia qui se termine cette année dit-on

 

je ne sais toujours pas si j'aime Barcelone

 

mais j'aime l'art, les avenues et les vitres les éclats de lumière, la mer et ses reflets qui portent les couleurs brunes, rouges, ocres et noires de la ville, les nuages flamboyants au lever du soleil

 

la mer au réveil

nuages papiers pliés

rouge orangés

 

chambre d'hôtel

ouvrant les rideaux pour faire

entrer Barcelone

 

 

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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 23:02

Today, in stockholm, while I was having a meeting inside a cosy and overheated room, wind was raging and snow was falling down, timidly first, then hard, not with a vengeance, but the desperate will of a challenger.

 

In a few hours, autumn has been discarded and replaced by his half brother, hard winter

 

I don't remember which poet said the swedish weather was only composed of winter periods, one green and one white, which is extremely unfair to the midsummer period and its explosion of colours, flowers and women together, while the day just takes a small nap in the middlle of the night

 

But now, walking through the slush and sleet, and the cold breeze, with my autumn shoes and my summer suit, was a desperate call. I should have known it from the start.

 

However, during this long walk, avoiding iced water droppings from building edges, securing my hands inside my pockets, my head stuck to my neck, I realized something I had forgotten during the summer, something that was waiting, hidden, behind the cold

 

All these lights in the street, this heat streaming through the doors in the very short time they are opened, these reflections on the sodden pavement, in the drops on the lamps and walls, the air so fresh it breathes itself through my lungs, and jumping in small water ponds, all this is sheer joy to me

 

I can't wait till winter comes in at my place

 

sleet in the street

every single passer-by

dancing in the dark

 

snow falling down

the wind of winter shuffling

one million stars

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 22:14

La ville étrangère a tout de ma ville natale : ses rues, ses immeubles collés, ses fontaines, ses passants, ses commerces, son réseau de transport...

 

Comme elle, la ville étrangère a des rues immenses et d'étroites avenues, de longues longues voies et des caves dont on discerne, au ras du trottoir, parfois le contenu, par un soupirail, une jalousie, un vasistas

 

Comme elle, la ville étrangère dit l'histoire de ces rues, les batailles et les morts, les insurrections, révolutions, révoltes, qui font battre le coeur au son des tambours, des pipeaux, qui font entendre parfois au détour d'une façade le chant des partisans, des fusillés, des traîtres et des loyaux, confondus maintenant

 

Comme elle, la ville étrangère a des odeurs de fauve, de musc et de fleurs, qui te font courir après un regard croisé, derrière le coin d'une rue, d'une ruelle, ou soudain te retourner. Les filles y sont si belles

 

La parcourir, c'est toujours revisiter ma ville, revoir ses allées, ses impasses et ses toits, ses briques et ses pavés, ses jardins et parfois, même, ses murs nus, mais de moins en moins

 

Bien sûr, la ville étrangère, entre ses rues étroites et ses boulevards immenses, étiquetées en termes inconnus, vantant la gloire d'inconnus, abrite des canaux, des vaisseaux, des artères, qui disent le battement du coeur d'une autre

 

Bien sûr, dans la ville étrangère, les odeurs voyagent et te font voyager, tu salives et tu marches, attiré, puis d'un coup, écoeuré, tu repars en arrière, tu t'arrêtes, tu cours, tu n'as plus faim

 

Bien sûr, dans la ville étrangère, les filles aussi sont belles, elles sont belles, mais belles de la beauté d'une autre, et leur sourire est une impasse, une traversée sur la rocade, le bord d'une falaise

 

La ville étrangère n'a rien de ma ville, ni les trottoirs jonchés de détritus et de feuilles, ni les maisons insalubres, ni les clochards, ni les marchands de marrons recuits et sales, ni ses odeurs d'eau croupie, d'urine et d'estuaire

 

Comme elle me manque ma ville

 

automne à Stockholm

les feuilles mortes de Paris

sont-elles tombées ici ?

 

 

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