au jour le jour, se rendre disponible et réceptif à la beauté du monde qui nous entoure
ah, ce moment juste après la pluie en été...
c'est comme de traverser juste après le passage d'une voiture dans une rue déserte, d'entendre dans son dos son moteur qui s'éloigne et se perd dans le bruit de fond de la ville
au bout des branches du sapin, au coeur des feuilles de la glycine, des gouttes perlent encore...mais le chat du coin de la rue parade en haut de la palissade déjà sèche
apres la pluie
le premier bourdon
dans l'altéa blanc
les escargots sont de sortie, sur les murs et les trottoirs. Ce bruit sec sous mes pas, ce n'est pas une branche.
dans le ciel, les nuages joufflus s'affrontent, dessinent comme les gestes d'un chef d'orchestre tracés dans une épaisse fumée, tandis que les oiseaux a nouveau volent en formation, là haut
partout se voient les traces de la vague de chaleur qui est passée cette semaine : prunus écrasés et séchés au sol, altéas plissés, feuilles roussie et écorce dure des marronniers. Derrière l'odeur de la pluie récente on sent encore celles de la poussière sèche et du métal brulant
au 22 bis, l'acces à la maison est étroit comme un couloir, une piste de gravier entre deux murs de briques qui s'écaillent. les fleurs qui y poussent y sont plus sauvages, roses tremieres, ruthbergas presque carbonisés
le vent porte par instants le tonnerre comme une rumeur lointaine, qu'on pourrait presque attribuer à ces avions qui traversent le ciel au dessus des immeubles,
comme après le passage d'une vague, le son crachotant de l'eau qui se retire en caressant les galets
le craquettement des jeunes pies