au jour le jour, se rendre disponible et réceptif à la beauté du monde qui nous entoure
Je marche sur une lune, comme le petit prince. La mienne a l'apparence du jardin de ma résidence, cette pelouse au travers de laquelle serpente une piste cyclable de briques rouges qui se gondole de ci de là, et qu'on taraude de ci de là pour la ramener, temporairement, à plat, laissant des petits tas de sciure, comme des taupinieres que le premier coup de vent éparpille parmi paquerettes et pissenlits
premier aout
presque invisible dans l'herbe
un pigeon
Quelle mpression de solitude dans la rue ce matin où rien ne passe. Dans le ciel les sillages d'avion s'épaississent et s'effacent sans se croiser. D'un coup, le moindre chant d'oiseau prend un relief intense, comme un cri qui déchire les oreilles et l'air immobile.
le geai chante
fracas de casseroles
puis le silence
ah, ces reflets de lumière sur les voitures vides tout le long des trottoirs...la légère brise qui m'accompagne, est ce le souffle ténu de l'été ou simplement l'air qui, profitant des départs, résiste?
au matin
la rose tremière encore
couchée dans l'herbe