Ce samedi, un beau ciel bleu m'attend dehors sur la route vers mon cours de tai chi. Nuages effilochés et brillants, presque plus un pouce de pelouse sans feuilles mortes, aux bouts des branches
de marronnier sont-ce déjà des bourgeons?
Les feuilles n'en finissent pas de tomber, chaque essence avec son propre calendrier, dans la rue des monticules çà et là, parfois au pied même de leur arbre, ce qui ne manque pas de charme.
ciel bleu soleil
au sol les feuilles mortes
bronzent
fin novembre
dans le ciel clair nuages
de coton
fin novembre
combien ont-ils de vies
les marronniers?
Marchant dans la rue, en jogging et sac au dos, joyeusement, dans cette ambiance de vacances. De la glycine les feuilles jaunes pendent, les gousses de graines ressortent, sombres, comme
accrochées au treillage.
de la cigarette
au loin encore l'appel
après dix ans
devant la gare
un fou me parle d'un incident
imaginaire
le ciel de novembre
aujourd'hui on le dirait
peint
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Vendredi 20 novembre 2009
sous l'orme
la pelouse est devenue
toute jaune
le vent d'automne
effeuillant les arbres
un peu chaque jour
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autour du rosier
les feuilles jaunes de l'orme
se sont installées
coin de résidence
entre la haie et les ormes
piscine à feuilles
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Mercredi 18 novembre 2009
Ce matin, la nuit étoilée comme couverture, la douceur de l'air, pas d'odeur ni de bruit, pas de pluie. Les yeux dans les étoiles, mes pieds s'égarant bien vite hors de la piste cyclable, le
contact de la pelouse humide et du tapis de feuilles comme la bande sonore des autoroutes me ramenant dans le droit chemin. Est-ce le droit vraiment?
la fin novembre
les gousses de la glycine
noires
Novembre est un mois hésitant, un mois de transition, à la fois hiver et automne, un mois où l'on ne sait comment s'habiller, où il fait tour à tour trop chaud et trop froid.
ni secs ni humides
mes pieds dans leurs chaussettes
les jours de novembre
Dans la gare, assis sur un siège baquet comme dans du coton, la douceur du jour est un cadeau surprenant mais bien appréciable, pour celui qui s'est enveloppé comme un oignon. En espérant qu'il
fasse plus froid ce soir.
au bord du quai
dans les flaques d'eau
les néons brillent
la fin novembre
le trou sur son jean blanc
la forme d'un flocon
la fin novembre
de la douceur du matin
nul n'est plus dupe
Dans le train ce matin, on est si bien. Bercé par un ronronnement que ne perturbent ni les craquements habituels des bogies, ni les vibrations des vitres du train, regardant défiler la ville
endormie, comptant sans y parvenir les lampadaires, petites flammes oranges, comme autant d'étoiles.
train du matin
les lumières de la ville
avancent
train du matin
la ville au dehors
galaxie lointaine
travaux de voie
lentement secoué
réveillé
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Sortie dans le jardin ce matin comme on se jette à l'eau ; dehors, une pluie nourrie tambourine sur le toit et chante. Mon manteau d'hiver, bien autour de moi je serre et je ferme, vérifiant du
bout du doigt qu'aucun espace ne permet aux gouttesde rentrer. Premier geste d'hiver.
Sans lune et sous la pluie, le ciel est d'un noir d'encre. Mais avant d'arriver dans la rue inondée de lumière par les lampadaires qu'aucun feuillage ne filtre plus, du coin de l'oeil à la
fenêtre d'un immeuble voisin, une lanterne japonaise ronde et jaune filtre au travers du volet baissé.
la lanterne
derrière le store clos
nouvelle lune
Sous cette pluie, ruisselant d'eau, le regard vers le ciel, si difficile. Les yeux baissés, buvant à même mon front, les impacts brillants de ces gouttes sur le sol je regarde tandis que mes pas
me portent vers la gare.
pluie de novembre
sur les flaques dans la rue
les gouttes dansent
pluie de novembre
les arbres s'accrochant à
leurs quelques feuilles
pluie de novembre
pas un chat dans la rue pour
chanter avec moi
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